Pris au piège
Namjoon avait raison, une semaine ç’aurait été beaucoup trop long. Mon troisième jour de réflexion vient à peine de commencer et il me manque déjà. Il a tenu parole, il m’a laissé tranquille, pas de regard langoureux, pas de phrase ambigu et tout cela me manque presque autant que lui. Il avait beau me rendre fou, son intérêt pour moi bouleverse mon cœur et me fait du bien.
Juste 2 jours sans tout ça et je me sens complètement vide, presque déprimé de ne plus sentir son regard sur moi.
Pour autant, mon métier ne change pas et les risques sont les mêmes. Est-ce que notre histoire sera assez forte, est-ce que ça durera dans le temps. Il est encore si jeune, pourquoi passerait-il sa vie près de moi. Est-ce que j’en vaux vraiment la peine ?
Mon manque de confiance en moi ne fait qu’augmenter à chaque fois que je pense à toute cette histoire. Au fond de moi je le sais, tout ce que je souhaite, c’est d’être dans ses bras mais en ai-je vraiment le courage ?
Quoi qu’il en soit, ce soir je devrais donner une réponse à Namjoon et je suis toujours aussi perdu entre ma raison et mon cœur. Mon sommeil n’est toujours pas revenu et Namjoon me manque autant que lors de notre dispute.
Je dois me rend à l’évidence, je ne suis pas juste faible face à lui, je suis surtout anéanti sans lui. Je n’ai pas le courage d’être avec lui mais je ne peux pas rester sans lui non plus. Et si je ne me décide pas, je risque de le perdre et ça il en est hors de question.
Il est peut-être temps que j’assume mon cœur avec tous les risques que cela comporte.
La journée passe au ralentit et trop vite à la fois. J’ai l’impression d’être dans une bulle où personne ne peut m’atteindre. Une bulle que Namjoon se fera un plaisir de percer ce soir. Il est 18h et je me décide enfin a envoyé un message à Namjoon.
18h03
Moi à Joonie :
RDV chez moi à 20h, ça te va ?
18h07
Joonie à Moi :
A tout à l’heure beau brun ^^
J’essaye de ne pas bloquer sur le surnom qu’il vient de me donner et me dépêche de sortir du lycée, le rose aux joues. Je pars faire les courses pour nourrir ce grand garçon qui me rend fou en priant pour que tout se passe bien ce soir et par la suite.
…
Ok ça ne va pas du tout ! Je suis stressé à mort, la cuisine n’est pas prête, il est 19h55 et je ne suis pas encore douché. Rien ne va aujourd’hui ! Namjoon arrive dans 5 minutes et c’est la panique totale dans ma tête, je ne sais plus rien faire. Je passe donc ces 5 minutes à ne rien faire comme un lapin piégé dans les phares d’une voiture. J’entends la sonnette et ça me sort de ma torpeur. Je me dirige en mode automatique vers la porte, mon cœur lui prend conscience de la situation, mes battements s’accélèrent et mon cerveau ne répond vraiment plus à rien.
J’ouvre la porte, le regard vide. Namjoon entre avec un petit sourire, je le regarde enlever ses chaussures et se mettre à l’aise avec un naturel désarment comme si il était chez lui. Mais très vite il fronce les sourcils et cours vers la cuisine. Je le suis moins rapidement et le regarde éteindre le feu sous le poulet que j’allais clairement cramer.
– Je sais pas cuisiner donc Jin retourne dans ton corps, ne m’abandonne pas là. Je sais pas quoi faire de ton poulet là. Dit-il avec un sourire moqueur.
Je reviens enfin à moi-même en rougissant. Je m’approche de lui et reprend la casserole. Aller concentration maintenant ! Je finis de cuisiner tandis qu’il nous sert un verre de jus chacun.
Je le remercie, le bois d’une traite et l’abandonne pour enfin prendre ma douche.
Une fois cette dernière finie, je le rejoins dans le salon et le voit avachit sur le canapé devant une émission d’idole. Je m’assoie à ses côtés à une distance que je juge raisonnable puis attends qu’il entame la conversation de lui-même.
– Tu te sens mieux ? Me demanda-t-il tout en restant concentré sur son émission.
– Oui, ça va mieux. Tu aimes bien cette émission ?
– Pas vraiment. Un jour je suis tombé dessus et je me suis dit que ton visage est au moins aussi beau que ceux des gars qu’on voit à la télé. Depuis, je regarde souvent cette émission et je compare. C’est dingue le nombre de match que tu gagnes avec ton joli minois.
– Et contre qui est-ce que j’ai perdu ? Demandais-je le ventre noué, je sens déjà la jalousie montée en moi.
– Je cherche encore ! Faudrait vraiment être parfait pour te surclasser. Sourie-t-il.
– Merci, c’est gentil.
Il me sourit décrochant ses yeux de l’écran et mon cœur se gonfla de soulagement.
– On réchauffe ton plat et on passe à table ? Propose-t-il avec ce même sourire qui me fait fondre.
Je ne peux répondre que par un hochement de tête sans cesser de le regarder, de détailler la perfection de son visage. Comment je peux espérer lui faire croire que notre relation doit rester platonique alors que j’agis comment un drogué devant sa dose ?
Je m’arrachai à ma contemplation et partit réchauffer mon plat, il me suivit et m’aida à mettre la table. Tout se fit dans un silence qui sembla naturel comme si nous étions déjà animés par la force de l’habitude.
J’aurai aimé que le repas se passe dans la même ambiance mais c’est le moment que Namjoon choisit pour attaquer cette conversation que je redoute et attends avec impatience depuis deux jours.
– La patience n’est pas vraiment une spécialité chez moi donc je vais aller droit au but. Tu t’es décidé à accepter nos sentiments respectifs ou tu comptes me forcer à te faire du rentre-dedans ?
Je le regarde ébahit par le manque de tact de sa question, incapable de lui répondre. J’observe son visage volontaire et sûr de lui. Mon ventre se noue mais au fond je sais ce que je dois lui répondre, je l’ai toujours su.
– Je … C’est compliqué pour moi, tu sais. Je t’aime mais … j’ai peur.
– Laisses-moi te rassurer alors. Je te promets qu’il n’y aura pas de soucis, je serais discret jusqu’à la fin de l’année. Pas de geste ambigu en public, c’est promis. Je veux juste prendre soin de toi. Tu m’y autorise ?
Qu’est-ce que je suis sensé répondre à ça moi maintenant ? A part un « bien sûr ! Tentons le coup. »
J’ai juste envie de me jeter dans ses bras quand il me dit des mots pareils avec un regard aussi sincère. Et c’est exactement ce que je vais faire.
Je me lève et contourne la table pour me retrouver en face de lui. Il ne bouge pas, il me regarde et attends de voir ce que je vais faire. Il est temps que je me lance et que je laisse parler mon cœur pour une fois. Je prends place sur ses genoux et l’enlace sans un mot. Je plonge mon visage dans sa nuque et respire son odeur comme je le désire depuis des semaines déjà.
Je sens ses bras se refermer autour de ma taille. Je me sens bien comme ça, tout contre lui, sans un mot, juste sentir sa main me caresser le dos. C’est comme si j’avais enfin trouvé mon havre de paix après des semaines de tortures psychologiques où je m’interdisais la seule chose que je désirais vraiment.
– On sera heureux, je te le promets, me chuchota-t-il à l’oreille avant de déposer un baiser dans mon cou.
Je crois qu’en ce moment même, j’apprends la réelle définition du mot bonheur. Je me redresse et louche vers ses lèvres qui m’appellent depuis qu’on a commencé à se côtoyer et je l’embrasse. Enfin, je découvre la douceur de ses lèvres et intérieurement mon cœur crie son euphorie.
Namjoon avait raison, il me rend heureux. Chaque jour que Dieu fait, il me rend heureux en toute discrétion, loin des murs du lycée, il m’enlace et me montre à quel point il tient à moi. Il prend soin de moi comme aucun autre n’a jamais su le faire.
Il me présenta à ses parents qui avaient fait l’effort de quitter tôt le travail à cette occasion et j’eu assez de courage pour aborder le sujet de l’orientation avec sa mère. La discussion avait mal démarré et j’ai bien cru qu’elle me jetterait dehors mais je lui ai montré certains de ces textes et finalement elle fût aussi touchée que moi par son talent. Mon discours sur la vie de son fils à l’école finit de la convaincre de le laisser faire ce qu’il aime. On trouva un terrain d’entente définitif quand je proposai de l’inscrire l’année prochaine en double cursus droit et musique. Il est assez intelligent pour pouvoir assumer la charge de travail, nous en sommes tous convaincu.
L’année passa ainsi à préparer son inscription dans l’une des trois universités les plus réputées de Corée, la fameuse SKY où il pourrait apprendre le droit et la composition. Namjoon choisit assez rapidement qu’il se spécialiserait en droit international car il aime particulièrement l’anglais et surtout son père serait rassuré de voir son fils unique reprendre son cabinet.
La vie passa donc tranquillement, je passais chaque semaine pour lui déposer sur son bureau des livres de droit qu’il étudiait avec sérieux et des livres de composition musicale qu’il dévorait avec passion.
Il me fit aussi le plaisir d’interpréter ses textes dans des petits bars et le public accueillit son talent avec un plaisir non dissimulé.
J’ai vraiment l’impression que la vie nous sourit désormais et je ferais tout pour que ça dur. Je vais entretenir mon couple comme dirait Namjoon !
Et notre bonheur perdurera, vous pouvez me croire.
FIN
